Esther Fotso/Cameroun
C ’est avec faste et solennité que toute l’Eglise Evangélique du Cameroun (EEC) a célébré du 06 au 13 mai 2007 son jubilé, son cinquantenaire. Un grand moment de communion fraternelle placé sous le signe de la « marche ensemble dans l’unité »selon Philippiens 3.16. L’évènement était grandiose et la fête belle et même très belle, et à juste titre car à l’occasion l’EEC a fait appel à toutes ses composantes (partenaires, œuvres, départements, mouvements et même la société civile).
En prélude à ce jubilé, le samedi 05 mai 2007 a eu lieu la dédicace du Grand temple de Mbouo. Un joyau architectural de plus de deux mille places. Des festivités marquant les quatre vingt ans d’évangélisation dans cette station missionnaire légendaire de 1927 à 2007, avec ses structures que sont : l’hôpital, l’école pilote, le Collège Elie Allégret et le Centre Polyvalent de Formation. C’est le Pasteur Bertrand de Cazenove, Secrétaire Général de l’Eglise Reformée de France qui a prêché pour la circonstance.
Vivre l’unité dans la diversité
La semaine nationale du Jubilé commence effectivement le dimanche 06 mai 2007 à Foumban, l’un des lieux missionnaires légendaires au Cameroun, par un culte d’ouverture. Célébré dans le grand temple de Ndam’bansié, cet office religieux était tout à fait particulier en ce sens qu’il a connu la consécration au ministère pastoral de dix-neuf nouveaux bergers parmi le quels quatre femmes (dont trois célibataires).
La prédication était faite par le pasteur Dr Ulrich Môller de l’Eglise Evangélique de Westphalie, traduit en français par Reiner Rumohr, ex- Conseiller financier de l’EEC . S’inspirant du texte de Jean 17, il a apprécié le fait que l’EEC vive concrètement l’unité dans la diversité et surtout que le dialogue interreligieux soit une réalité palpable au sein de notre Eglise. En effet, le Noun vit une cohabitation pacifique entre l’islam et le christianisme.
C’est avec beaucoup d’émerveillement et de joie que les uns et les autres ont vu la consécration du pasteur Myriam Njilié, l’une des filles de la famille royale bamoun ; une femme d’une famille musulmane devenue pasteur. Son témoignage à cet égard a rempli d’émotions plus d’un.
Dans le même ordre d’idées le Sultan Mbombo Njoya , roi des bamouns , s’est réjoui de l’ouverture de ce jubilé à Foumban, l’une des cités historiques missionnaires.
Après cette première étape, la caravane du Jubilé s’est ébranlée vers quelques régions synodales, pour des visites dans les œuvres de témoignage chrétien. Ainsi, elle a été à l’Institut Protestant de Théologie de Ndoungué, à la Ferme école de Ndounguè , à l’hôpital Protestant de Ndoungué, aux Collèges évangéliques, au Centre social de Ntolo. Une escale a été faite dans le Moungo sud & Mémé.
Une fois à Douala, la semaine était meublée par des conférences sur le thème du jubilé qui est aussi celui de l’année « la marche ensemble dans l’unité », sur « l’EEC 50 ans après : bilan et perspectives ( Eglise culte, œuvres, mouvements) . Ces moments de réflexions ont permis d’évaluer le chemin parcouru depuis un demi siècle, d’identifier les forces et les faiblesses afin de poser des jalons pour le futur.
Par ailleurs, le projet d’évaluation en cours jusqu’en 2009 , amènera l’EEC à voir plus clair.
Au cours de cette même semaine, les fidèles de l’EEC se sont recueillis tous les soirs dans les différentes communautés. Il y avait également au programme des concerts de musique chrétienne, des rencontres théâtrales et culturelles dans le temple de Njo-Njo Centre, une kermesse, une exposition vente, la visite des sites historiques dans la ville portuaire de Douala et la marche olympique. Afin de joindre l’utile à l’agréable, des matchs de football masculin et féminin ont été organisés, où les pasteurs ont joué contre les Conseillers/Anciens, les partenaires, et les épouses de pasteurs contre les femmes de l’Union des Femmes Chrétiennes. Les vainqueurs ont respectivement été les conseillers et les épouses des ouvriers.
L’échange d’expériences entre les responsables du culte d’enfants Allemand et Camerounais a été un moment mémorable car cela leur a permis d’accorder leurs violons, de se compléter afin de mieux avancer ensemble malgré le contexte différent.
C’est dans la même lignée que se sont tenues les diverses rencontres entre le Bureau de l’EEC et les partenaires. Au menu : le bilan du cheminement commun et un regard vers l’avenir. Une autre rencontre bilatérale a eu lieu sur « l’examen des projets soutenus par chaque partenaire et perspectives ». Rappelons qu’il y a eu environ une trentaine de partenaires représentant les organismes chrétiens et missionnaires tels que: Cevaa, Kerkinactie , MEU , D M Echange et Mission, Mission Allemande des Marins, etc.
L’apothéose a eu lieu le 13 mai 2007 avec un grand culte sur les berges du Wouri , à la base Elf de Douala où plus de cinq mille fidèles se sont retrouvés tous en tenue du Jubilé et chantant l’hymne composé pour la circonstance, par Daniel Ebangué Eyoum de la chorale Meykam « Ensemble dans l’unité… »
Tout commence par un défilé des pasteurs et fidèles sur les artères de la ville de Douala vers les berges du Wouri. Malgré les fines gouttes de pluie les chrétiens n’ont pas renoncé à vivre cet évènement inédit en direct. Et pour cause, c était à marquer d’une pierre blanche car 50 évangélistes ont été consacrés au saint ministère.
L’honneur est revenu au Pasteur Charles Emmanuel Njiké, Président honoraire de l’EEC de nourrir le peuple de Dieu. A partir des textes d’Apocalypse 3.7-13 et Luc 22.27, ce dernier a fait comprendre à son auditoire que « l’Eglise est une, sainte, apostolique et universelle. Depuis 1957, l’EEC est indépendante des missions qui l’ont fondées, 50 ans que nous avons pris le relais du flambeau de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Nous avons donc la charge de transmettre cette espérance qui est en nous (…) la vie de l’Eglise est une bataille et la vie chrétienne un combat, le combat de la foi, qui nécessite une armée, une stratégie et une singulière persévérance. Nous sommes tous engagés dans le combat de la foi. Tenez bon nous dit le message de l’apocalypse. Mais comment dire l’Evangile aujourd’hui ? L’Eglise doit se distinguer dans le monde. Jésus promet d’ouvrir une porte que personne ne pourra fermer ».
Un autre temps fort a été la phase des messages des autorités administratives, traditionnelles et des Eglises sœurs. Plusieurs Eglises et organismes tant au Cameroun qu’à l’extérieur ont tenu à entourer l’EEC de leur affection pendant ce moment historique en l’occurrence : l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun, Presbyterian Church of Cameroon, Eglise Presbytérienne Camerounaise, le Conseil des Eglises Protestantes du Cameroun, l’Eglise Evangélique du Congo. A travers leurs présents et témoignages elles ont immortalisé les liens fraternels qui les unissent en Christ.
A cette occasion, beaucoup n’ont cessé d’encourager l’EEC dans sa marche missionnaire et surtout ont souhaité leurs sincères condoléances à toutes les familles éprouvées par le crash aérien de la Kenyan Airways, qui a coûté la vie à plus de 114 personnes de 20 nationalités.
C’est dans la gaieté , l’allégresse et une grande réjouissance dans l’enceinte du Collège Alfred Saker que s’est achevée cette fête.
Rendez-vous a été donné en 2057 pour ceux qui auront la grâce de vivre le centenaire de l’EEC.
Esther Fotso