Les Cultes d’Enfants Echangent leurs expériences
Lors du Jubilé de l’E.E.C en mai dernier, il y a eu des rencontres de partages d’expériences entre les Cultes d’Enfants des Eglises Evangéliques de Westphalie (Allemagne) et du Cameroun dans les régions synodales du Wouri et du Centre-Sud-Est.
Dans la région synodale du Wouri, conformément au programme du Jubilé marquant le cinquantenaire de l’E.E.C, un échange d’expériences s’est tenu au foyer de Jeunesse d’Akwa le 9 mai 2007 à partir de 15 heures 30 minutes entre les responsables nationaux de Westphalie (pasteur Kerstin Othmer Haake) et du Cameroun (pasteur Joseph Békima Mboulè), en présence des moniteurs et enfants venus très nombreux.
Nos hôtes sont accueillis par deux enfants préparés pour la circonstance.
Le responsable national du Cameroun souhaite la bienvenue à la délégation Allemande et précise l’objet de la rencontre qui est la présentation du Culte d’Enfants au Cameroun et en Allemagne.
Par la suite, la responsable du Culte d’Enfants de l’Allemagne prend la parole pour remercier les moniteurs pour l’accueil chaleureux à elle réservée et passe à l’échange proprement dit à travers des enseignements par une prière muette, gestuelle et un jeu qui consiste à deviner l’objet enfoui dans un petit sac à main au moyen du toucher.
Suit la présentation du Culte d’Enfants du Cameroun à travers des ballets traditionnels représentatifs de toutes les tribus. Nous notons la présence du président de l’Eglise, pasteur Isaac Batomen qui remercie les moniteurs pour leur présence massive et promet soutenir le Culte d’Enfants.
Après cette présentation, le responsable national adjoint du Cameroun, le pasteur Emmanuel Tchouaké remercie les moniteurs et les enfants pour leur mobilisation et prie le pasteur Kerstin de transmettre nos salutations et remerciements à ces collaborateurs d’Allemagne à son retour.
La rencontre de Yaoundé s’est tenue au siège de la Ligue pour la Lecture de la Bible les mardi 15 et mercredi 16 mai 2007. Les travaux débutent à 8 heures par un moment de recueillement dirigé par le responsable national du Cameroun, pasteur Békima. Le premier exposé est présenté par la pasteure Kerstin sur la « Présentation sommaire du Culte d’Enfants de Westphalie ». On peut retenir qu’en Allemagne, il y a moins d’enfants au culte qu’au Cameroun. Le Culte d’Enfants peut se faire avec 3 enfants ; ainsi à cause des effectifs faibles, plusieurs méthodes sont mis sur pied pour amener les enfants au culte. La liturgie se déroule en 4 étapes : l’installation et la salutation, l’écoute et réponse, la célébration, l’envoi et la bénédiction. Pour ce qui est de l’encadrement des enfants, nous remarquons que les moniteurs ont des documents sur les thèmes à débattre avec les enfants.
Un plan de thèmes et sujets pour le Culte d’Enfants est conçu pour toute l’Allemagne, l’Autriche et bientôt la Suisse. Le Culte d’Enfants se fait soit au même moment que le culte des adultes, soit après. Le Culte d’Enfants est plus vivant que celui des adultes. Des anniversaires des enfants sont quelques fois célébrés. Les enfants peuvent être baptisés par le pasteur pendant le Culte d’Enfants. Le culte est ouvert aux personnes de tout âge et la plupart des encadreurs sont des femmes. Les hommes ne vont pratiquement pas au culte mais des efforts sont faits pour les y attirer et les y maintenir.
Après cet exposé, la parole est donnée au pasteur Sadrack Djiokou, Secrétaire Exécutif pour l’Afrique Francophone de la Mission Evangélique Unie (MEU) pour un entretien sur « Le concept de la pédagogie religieuse ». Il est à noter ici que ce concept est né du délaissement des enfants dans une société où les parents sont rarement à la maison. Le besoin d’encadrement des enfants est de combler ce vide. Il s’agit de leur donner un enseignement chrétien. C’est une formation destinée aux enfants, qui s’inspire de l’histoire biblique qui est présentée telle que la Bible la raconte. On part de cette histoire biblique pour situer l’homme dans le contexte d’une liberté de réflexion. Il s’agit d’impliquer l’enfant dans l’histoire et de développer par là l’expression de sa spiritualité profonde et de son intellect. Cela passe par des images, des couleurs et l’expression corporelle.
Le troisième exposé présenté par le Pasteur Kerstin a pour thème :
« Présentation d’une leçon par les images ». On peut noter deux plans de présentation de la leçon : Partir des expériences vécues des enfants (leurs émotions, leurs sensations) ; orienter par la suite vers une vérité biblique afin de saisir l’enseignement souhaité. Ou faire le récit d’une histoire biblique ; pousser les enfants à évoquer des illustrations de cette histoire dans la vie actuelle. Ces plans ne sont pas figés. Il est recommandé de les adapter selon le contexte. En Westphalie, les enfants sont souvent disposés en cercle pour la leçon et on fait usage des gestes, des images des objets.
Le quatrième exposé a pour thème : « Le Culte d’Enfants comme force de transformation sociale » : exemple du projet “Enfance pour la Paix” du Centre, Sud et Est présenté par Thio’mi Nkabkob Londjou. Il fait une présentation du contexte du projet afin de mieux situer les participants. Il présente le fondement de ce projet qui est Jésus-Christ, le projet proprement dit et son but. A cet effet, l’on note que le projet “Enfance pour la Paix” vise la transformation sociale à travers les enfants et les moniteurs du Culte d’Enfants et son but est de fournir aux enfants et aux moniteurs des aptitudes théoriques et pratiques pour vivre et communiquer la paix de Jésus-Christ. L’orateur présente également les trois ateliers qui ont meublé la mise sur pied de ce projet en évoquant les activités menées et les résolutions adoptées. Les leçons apprises, les forces – qui sont la foi, l’engagement, le sacrifice, la promptitude et le knowledge – et les difficultés de cette mise sur pied sont également présentées. A la fin, il a fait allusion à son fonctionnement, un bref bilan 2006 et a présenté quelques perspectives avant de conclure. Le pasteur Békima félicite grandement l’initiative et souhaite être imprégné davantage du projet afin de mieux le promouvoir et le défendre. Mme Kerstin a ensuite promis de l’encourager.
Le jeu est une activité et non un divertissement
Le cinquième exposé porte sur « Le jeu au Culte d’Enfants » présenté par le pasteur Békima. Il commence par définir le terme « jeu » et présente son importance pour l’enfant. Ainsi au Culte d’Enfants, le jeu est une activité et non un divertissement. Le Culte d’Enfants doit toujours se terminer par des jeux. Les attitudes face aux jeux, les types de jeux, les catégories et les critères à remplir pour un jeu à mener avec les enfants sont présentés. En conclusion, l’on retient que le jeu au delà de toutes les dimensions suscitées permet également de pousser les enfants à revenir le dimanche suivant au culte.
Le dernier exposé quant à lui a pour thème : « Développement de l’enfant et théologie avec les enfants (théologie vis-à-vis) et est mené par Mme Kerstin. Ici l’on retient quelques conditions pour la théologie vis-à-vis à savoir : l’expérience de foi. En effet, il faut chez l’enfant une intimité avec Dieu qu’il doit pouvoir communiquer aux autres enfants. Dans la théologie avec les enfants, il faut les laisser répondre aux questions et non croire que nous connaissons mieux qu’eux.
Après cet exposé, a eu lieu l’évaluation générale de l’atelier. Chaque participant a donné son point de vue sur l’atelier. L’on peut retenir en substance, la nécessité d’écouter l’enfant et de le faire participer activement au Culte d’Enfants, au lieu de tout faire pour lui, estimant qu’il ne sait rien. Mme Kerstin dans son mot de fin remercie les uns et les autres et encore plus le Seigneur Tout-Puissant à travers le chant intitulé : « Je suis content de te voir aujourd’hui », chant appris au Cameroun.
Synthèse de Wagoum Nguemo Cyrille Bruno