par Emery Mpwate Munfu UEM
Il est vrai que la situation qui prévaut en Afrique sub-saharienne se comprend de plusieurs manières. A mon humble avis, je crois que ce n’est ni une malédiction moins encore une punition de Dieu aux pécheurs ; mais plutôt une opportunité offerte aux églises de réfléchir sur l’avenir de tout un continent. Et, c’est ce que je me suis mis à faire depuis plus de 10 ans aujourd’hui. Cette réflexion m’a ouvert les yeux sur d’autres phénomènes qui menacent la vie de l’Eglise en Afrique.
Voyant ce qui se passe en Europe aujourd’hui, je me suis dit que l’Église en Afrique devrait chercher les voies et moyens d’éviter de se retrouver avec des bâtiments vides (appelés églises) qui seront vendus par nos enfants comme c’est le cas aujourd’hui en Europe.
Franchement parlant, j’ai eu du mal à croire que les églises (bâtiments réservés pour le culte à notre Seigneur) sont vendues et qu’elles sont transformées en restaurant et/ ou boite de nuit sans que son aspect extérieur d’église puisse changer. Quelle honte pour nous chrétiens !
La question que je me suis posé, est ce que l’Église en Afrique est elle a l’abri de cette situation ? Ma réponse est non. Elle est sur une piste glissante. Le sida ravage ses forces vives, les personnes actives. Mais il y a aussi le manque d’investissement humain.
Notre soucis aujourd’hui en Afrique c’est de construire des beaux bâtiments sans pour autant penser a ceux qui auront la responsabilité de payer les pasteurs et d’entretenir ces beaux bâtiments.
Ceux qui des moyens dans nos églises sont très peu et pour la grande majorité leurs enfants soit ne sont pas dans la même ville qu’eux soit ne viennent pas prier avec eux. Les jeunes actives sont généralement pauvres, sans emploi et le plus souvent sans une formation universitaire. Ils n’ont pas les moyens de continuer leur études, ils ne savent pas ou trouver de l’emploi. Les autres sont convertis des forces parce qu’ils ont trouvé un emploi rémunérateur auprès d’une personne d’une autre confession et qui l’oblige à intégrer sa religion.
Je voudrai inciter par cet article nos chefs d’églises à investir dans l’avenir de l’église avec des projets concrets créateurs d’emploi et que ces emplois soient prioritairement donnés aux choristes et autres jeunes actifs dans nos paroisses. Que les bourses d’études fassent partie de nos collectes ordinaires au lieu d’attendre toujours de l’extérieur. Et que ces bourses soient accordées aux jeunes actifs les plus démunis. Que les réseaux de soutien se mettent en place en faveur de la formation des Evêques, des pasteurs, des diacres et diaconesses et des donateurs de l’église de demain.
Si non nous auront demain des personnes qui ne seront pas capables d’entretenir nos églises et qui décideront de les vendre. Nous devons apprendre à investir pour une église forte et prospère. Cette église ce n’est pas ces beaux bâtiments mais ce sont ces jeunes gens qui nous font parvenir à longueur des journées de carte et ou lettre de demande de contribution. J’espère que cet appel sera entendu et que nous pouvons apprendre à agir avant qu’il ne soit trop tard.
Nous avons nié l’existence du VIH/SIDA dans nos églises mais la vérité nous a rattrapé et nous disons aujourd’hui que le corps du Christ a le Sida. Voici une voie qui crie comme Jean Baptiste dans le dessert : Bien aimé dans le Seigneur, l’église en danger. Ces beaux bâtiments risquent d’être vendus un jour si nous n’investissons pas dans la formation du cadre de demain et surtout dans la création d’emplois en faveur de nos jeunes. Agissez maintenant, si ce n’est pas aujourd’hui quand ? Si ce n’est pas nous qui alors le fera ?
Emery Mpwate Munfu UEM/Mission 21
Advisor for HIV/AIDS Programme
Sub saharan Africa
ECHO DE LA MISSION Janvier - Avril, 2008