Par le Rév. Obadias Mahirwa (EAR) et le Rév. Paluku Muhingi (CBCA)
1. Introduction
La dernière session du programme de formation en Education Pastorale Clinique, à laquelle ont pris part sept participants dont cinq hommes et deux femmes, a eu lieu à Jakarta en Indonésie. Les participants étaient essentiellement des indonésiens - 5 sur 7 - mais aussi un Rwandais et un congolais. La formation a pris dix semaines, du 27 janvier au 5 avril 2008 à l’hôpital Gikini sous la supervision de la Rév. Esther M. Gelloagan.
2. Historique de la FPC
La formation pastorale clinique a été conçue par le Rév. Anton Boisen. Pendant qu’il était interné à l’hôpital de Boston, il a senti le besoin d’avoir quelqu’un avec qui il pouvait s’entretenir. Il a donc compris que la santé est une harmonie interne de plusieurs vitalités. Elle ne peut pas être assurée seulement par les produits médicaux. Au contraire, elle exige un effort combiné d’instruments spirituels ou psychologiques tels que les sacréments, les écritures, l’orientation et le counselling. C’est dans cette approche hollistique de guérison d’une personne que la science médicale, la foi religieuse et d’autres disciplines alliées joignent leurs forces et partagent leurs connaissances et ressources pour constituer une équipe de guérison. Ici, beaucoup de spécialistes travaillent ensemble en coopération constante pour la santé et l’épanouissement total de la personne qui est dans le besoin. Auparavant, il était supposé qu’un pasteur ordonné était automatiquement compétent pour résoudre toutes les situations pastorales qui se présentent. Mais l’expérience a prouvé que dans certains cas, le pasteur a besoin d’une formation en éducation pastorale clinique. C’est pourquoi certaines institutions théologiques l’alignent comme branche importante jusqu’au niveau de la maîtrise.
3. Importance de la FPC
Apprendre par l’expérience en tenant compte de la communication verbale et non-verbale du malade.
Ecouter les sentiments de la personne en analysant sa situation en vue de fournir l’aide appropriée.
4. Différentes activités du programme pendant dix semaines.
1. Méditation matinale: environ quinze minutes de méditation de la parole de Dieu. Elle est organisée par l’aumônier du jour. Seul le prédicateur ou l’officiant font quelques commentaires. Mais il y a aussi l’adoration de Dieu à travers des cantiques et la prière pour les requêtes présentées par les participants.
2. Aumônier du jour: C’est la personne qui dirige les activités ordinaires de la journée: garder les clés de la salle de classe, photocopier
les documents à présenter chaque jour parce que chaque personne doit recevoir une cope de l’exposé. Il rappelle à ceux qui sont de service pour que toutes les activités se déroulent normalement.
3. L’aumônier de garde: C’est la personne qui est chargée de répondre aux appels des malades pendant la nuit dans les salles où se présentent des situations critiques. Il travaille en collaboration avec l’aumônier conformément à un horaire préétabli. Quelques fois il passe toute la nuit à visiter les malades lorsqu’il y a des situations critiques qui se présentent. Sinon il passe la nuit dans l’aumônerie, prêt à sortir dès qu’on a besoin de lui. Le matin, il présente son rapport à toute l’équipe sur les malades qu’il a visité, le service qu’il leur a rendu, l’incident critique qui peut avoir eu lieu et comment il y a répondu.
4. Verbatim: C’est le rapport écrit que l’aumônier va présenter aux participants et au superviseur sur les visites et les services rendus. Au moment de la présentation, on donne l’occasion de poser des questions pour mieux comprendre la situation et aider l’aumônier à améliorer son service. Ce rapport est important aussi pour l’aumônier parce qu’il permet de soulever quelques problèmes personnels. Par exemple il peut arriver que l’aumônier soit sympathique au lieu d’être compréhensif. Ou alors il peut se trouver devant un cas qui correspond à sa propre situation et devenir incapable d’aider le malade. Il ouvre sa propre plaie en essayant d’aider le malade. En présentant son verbatim, il trouve l’occasion d’être aidé par ses collègues et le superviseur. il y a aussi le self-verbatim où un participant analyse ses propres sentiments concernant certaines questions telles que les relations, les défis professionnels, etc. Il est en même temps aumônier et nécessiteux. Il écrit sur sa propre situation et présente ce verbatim à la classe pour une meilleure compréhension de luimême. Les participants lui donnent leur feed back pour identifier ses forces et ses faiblesses pour l’aider à avoir confiance en lui-même et améliorer en cas de besoin. Chaque semaine nous écrivons deux verbatim, un à présenter et un à remettre.
5. Etude de cas: C’est une présentation que chaque participant prépare sur une personne qui lui est proposée apr le superviseur. L’aumônier pose des questions à son collègue sur sa situation familiale, son enfance, son éducation, les relations avec sa famille et si la personne interviewée est mariée, on va lui poser des questions sur son foyer, ses biens, les petits et les grands événéments de sa vie, sa vie professionnelle, ses mécanismes de défense, ses loisirs, son régime alimentaire, etc. Ce-faisant, l’aumônier sera capable d’analyser la personne interviewée en vue de mieux la connaître et de préparer un exposé sur elle à présenter en classe. Ceci permet à l’aumônier et à la personne interviewée de mieux se connaître et de comprendre pourquoi ils se
comportent de telle ou telle manière. L’EPC consiste à mieux se connaître avant de connaître les autres.
6. Identification biblique: L’aumônier choisit sa personne préféred dans la Bible, une personne dont le caractère se rapproche du sien. Au moment de la présentation, il doit spécifier où il se rapproche du personnage. Il doit tenir compte du passé du personnage et dire pourquoi il l’a choisi. Ainsi, il sera capable de tirer des leçons à partir des questions du superviseur et des autres participants. A la fin il dira quelles leçons il a apprises de ce personnage. Cela lui permettra de se découvrir davantage en rapport avec sa foi en Dieu et son ministère.
7. Conférence individuelle: Chaque participant essaie de présenter sa difficulté par rapport au feedback du superviseur. Ce dernier lui fera des conseils sur la situation qu’il a observée pendant la session et qui peut constituer un obstacle
à l’implication du participant dans la formation et dans son ministère. C’est un moment de partage des préoccupations, sur l’organisation du programme d’EPC et les améliorations à faire. Ceci est plutôt confidentiel en comparaison avec le reste des activités.
8. Relations interpersonnelles: C’est le moment où les participants expriment leurs préoccupations et les observations qui peuvent être utiles pour le groupe ou pour eux individuellement. Cela peut être un sujet de prière, un information sur la famille, un pays ou une église. Souvent les participants aiment bien partager les informations. Par exemple si quelqu’un manifeste des aspects personnels tels que la sympathie, des préjugés, etc., ces questions seront analysées dans le groupe en vue de s’aider mutuellement.
9. Visites aux malades: Le bureau de l’aumônier accueille et élabore une liste des nouveaux malades reçus à l’hôpital. Ces noms seront répartis de manière que chaque participant l’EPC ait des malades à visiter. Ces derniers présentent régulièrement leur rapport au bureau de l’aumônerie sur le nombre de malades visités et le service rendu à chaque malade. Ce feedback permet de servir efficacement tous les malades internés. La visite se fait deux fois par jour, le matin et le soir, en tenant compte des barrières religieuses. Chaque malade est servi sans discrimination de religion (l’Indonésie compte 75% de Musulmans). Cette activité nous a permis de découvrir nos forces et nos faiblesses dans le ministère pastoral, où les visites doivent jouer un rôle crucial. Les visites permettent aux gens d’avoir confiance au pasteur et de s’ouvrir à lui pour qu’il les assiste; ce qui encourage le pasteur à aller de l’avant. A cette occasion, beaucoup de malades ont confessé leur foi; des malades mourants qui avaient besoin de recevoir la Sainte Communion ont été servis. Certains malades ont confessé leurs péchés et nous avons priés pour eux. Il y a même des musulmans qui ont accepté Jésus comme Seigneur et Sauveur personnel, etc.
10. Sujets (inputs): La colère, la gestion des conflits, la communication,
l’écoute, la psychologie
- La colère est une énergie puissante qui peut avoir des conséquences négatives. Elle n’est pas toujours négative. Elle peut être positive lorsqu’elle concerne un péché comme le vol, la corruption, le viol, l’adultère, etc.
- La communication: Pour être un bon communicateur, il faut s’exercer à l’écoute en vue de bien cerner les sentiments du malade, y compris le langage non-verbal.
- La psychologie: Psychologie comportementale où l’on se pose la question de savoir pourquoi les gens se comportent de telle ou telle manière. Il a été découvert que le comportement dépend de plusieurs facteurs dont le cadre familial, l’environnement éducationnel, etc.
- Ecouter les sentiments et les craintes: l’aumônier se montrer amical et jovial.
11. Evaluation: commentaires sur l’organisation du programme,les interactions avec les autres participants, la session de formation,les services rendus aux malades et formulation des suggestions sur pour améliorer le programme. A la fin nous disons comment nous avons bénéficié du programme et comment nous comptons le mettre en pratique dans notre ministère.
12. Recommandations: Nous avons trouvé ce programme très important pour la Région des Grands Lacs suite aux multiples plaies dues à la guerre et qui sont restées ouvertes. Nous trouvons ce programme approprié pour aider les victimes. En outre, ce programme nous a donné les stratégies pouvant aider la personne à se comprendre en vue de résoudre ses propres problèmes avec l’aide d’un conseiller.
Nous recommandons donc:
- Que ce programme continue et qu’il soit éventuellement organisé en Afrique
- Que les dirigeants des églises aient l’occasion de prendre part à ce programme.
- Que les anciens participants à ce programme aient l’occasion de se rencontrer en vue de discuter des possiblités de son application en Afrique.
- Que le service de l’aumônerie soit organisé dans toutes les écoles et les hôpitaux de l’église ou qu’il soit amélioré là où il existe. Que tous les aumôniers soient formés en Education Pastorale Clinique pour rendre leur ministère plus efficace.
Nous remercions la MEU pour nousavoir donné cette chance et nos églises respectives pour nous avoir choisis pour ce programme.
ECHO DE LA MISSION Janvier - Avril, 2008